Le logo de Goldman Sachs
Goldman Sachs a enregistré une hausse de son bénéfice au deuxième trimestre, grâce à l'accélération des opérations de fusion-acquisition et à la volatilité des marchés liée à la guerre au Moyen-Orient, qui a propulsé l'activité boursière à un niveau record.
Les risques d’inflation, la hausse des cours du pétrole et l’incertitude quant à l’évolution des taux d’intérêt aux États-Unis ont maintenu les investisseurs sur le qui-vive, ce qui a entraîné une réévaluation agressive des portefeuilles et s’est traduit par une hausse des revenus de trading.
L’introduction en bourse très attendue de SpaceX vers la fin du trimestre a également donné aux investisseurs l’occasion de négocier les titres d’une société à laquelle ils cherchaient à accéder depuis longtemps, ce qui, selon certains analystes, aurait pu contribuer à une nouvelle hausse des volumes. Goldman Sachs était l’un des principaux chefs de file de cette introduction en bourse.
L’activité actions a généré un chiffre d’affaires de 7,42 milliards de dollars (6,51 milliards d'euros), en forte hausse de 72% par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires de l’activité titres à revenu fixe, devises et matières premières a également bondi de 32%, à 4,59 milliards de dollars.
"La dynamique s’est accélérée dans l’ensemble de nos activités. Les clients se tournent vers nous pour mener leurs transactions les plus stratégiques et les plus importantes, qui sont souvent à l’origine de l’activité de l’ensemble du groupe", a déclaré le PDG David Solomon dans un communiqué.
Le bénéfice total de la banque s’est élevé à 6,63 milliards de dollars, soit 20,98 dollars par action, pour le trimestre clos le 30 juin. À titre de comparaison, il s’élevait à 3,72 milliards de dollars, soit 10,91 dollars par action, un an plus tôt.
Ces bons résultats pourraient soutenir le titre Goldman Sachs, qui a surperformé l'indice de référence S&P 500 cette année, mais a suscité certaines inquiétudes quant à son potentiel de hausse.
L'action progresse de 2,7% en avant-Bourse après l'annonce des résultats.
LA VAGUE DE M&A STIMULE LES ACTIVITÉS DE CONSEIL
Selon les données de LSEG, la multiplication des "méga-opérations" de plus de 10 milliards de dollars a propulsé le volume mondial des fusions-acquisitions à des niveaux records au premier semestre 2026, profitant ainsi aux banques d’investissement telles que Goldman Sachs, qui perçoivent des commissions pour leurs services de conseil sur ces transactions.
Les commissions dans le domaine de la banque d’investissement ont augmenté de 55% pour atteindre 3,40 milliards de dollars au cours du trimestre, grâce à la hausse des ventes d’actions et de titres de dette, ainsi qu’au renforcement de son pôle de conseil.
Les opérations de fusion-acquisition sont restées dynamiques malgré les troubles au Moyen-Orient, en partie grâce aux efforts des entreprises pour développer et renforcer leurs activités dans le domaine de l’IA.
En mai, le président de Goldman Sachs, John Waldron, a déclaré que le volume des fusions-acquisitions devrait terminer l’année à un niveau proche des records observés en 2021.
Goldman Sachs a conseillé pour un montant total de plus de 1.000 milliards de dollars de fusions et acquisitions au cours du premier semestre 2026, un rythme record pour une banque d’investissement.
Ces résultats s’inscrivent dans une série dense de publications à Wall Street mardi, que les investisseurs vont analyser à la loupe pour y déceler des indices sur l’orientation de l’économie et évaluer les perspectives des valeurs bancaires, qui, selon les analystes de BofA, ont constitué un "îlot de stabilité" alors même que les craintes d’une disruption liée à l’IA secouaient le secteur financier.
Les concurrents de Goldman, JPMorgan Chase et Bank of America, ont également annoncé des bénéfices trimestriels en hausse.
LA GESTION D'ACTIFS ÉVITE LES DIFFICULTÉS DU CRÉDIT PRIVÉ
Le chiffre d’affaires de la division de gestion d’actifs et de patrimoine de Goldman Sachs a progressé de 20% pour atteindre 4,60 milliards de dollars, poursuivant ainsi sa bonne santé.
La banque s’est efforcée de renforcer sa position dans ce secteur afin de se constituer une base de revenus plus stable et de réduire sa dépendance vis-à-vis des divisions de négoce et de banque d’investissement, qui sont plus volatiles.
Le fonds de crédit privé de Goldman Sachs, qui fait partie de la division de gestion d’actifs et de patrimoine, a jusqu’à présent résisté à la faiblesse du secteur.
Les acteurs du crédit privé subissent la pression des actionnaires qui cherchent à racheter leurs parts, craignant que l’IA ne vienne perturber les modèles économiques des entreprises de logiciels présentes dans leurs portefeuilles.
GS Credit a toutefois indiqué en début de mois que les demandes de rachat au deuxième trimestre étaient inférieures à son plafond de 5%.
(Niket Nishant à Bangalore et Saeed Azhar à New York; version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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